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South Conciergerie

Une conciergerie de locations saisonnières à Montpellier, avec deux publics qui n’ont rien à voir : des voyageurs qui cherchent où dormir, et des propriétaires qui cherchent à qui confier leur bien. Deux discours à tenir, deux vocabulaires, et une seule page d’accueil pour les départager.

Projet
South Conciergerie
Nature
Marque maison, pas une commande
Secteur
Conciergerie et locations saisonnières
Lieu
Montferrier-sur-Lez, au nord de Montpellier
Année
2026
Prestation
Site vitrine, structure et rédaction
Public visé
Voyageurs et propriétaires
En ligne
southconciergerie.fr ↗
Page d’accueil du site South Conciergerie : une villa avec piscine et le titre « Conciergerie et locations saisonnières à Montpellier »

La page d’accueil telle qu’elle est en ligne : une photo de bien en pleine largeur, le titre « Conciergerie et locations saisonnières à Montpellier », et les deux parcours séparés dès le premier écran.

Le point de départ

Autant le dire tout de suite : South Conciergerie n’est pas un client extérieur, c’est une marque maison. Une conciergerie de locations saisonnières installée à Montferrier-sur-Lez, au nord de Montpellier, dont j’ai fait le site moi-même. L’exercice n’en est pas plus facile : quand on commande et qu’on dessine, personne ne tranche à votre place.

Une conciergerie vit de deux marchés opposés. D’un côté le voyageur, qui veut voir des photos, comprendre où c’est, savoir combien ça coûte et réserver vite. De l’autre le propriétaire, qui veut être rassuré sur le sérieux, sur les revenus et sur ce qui se passe chez lui quand il n’y est pas. Les deux ne cliquent pas au même endroit et n’ont pas besoin des mêmes preuves.

Ils ne décident pas au même rythme non plus. Le voyageur tranche en quelques secondes, sur une image et un prix ; le propriétaire compare des commissions pendant des semaines. Le texte qui séduit l’un endort l’autre.

Le risque classique est alors de faire une page qui parle à tout le monde et ne convainc personne : une bannière tiède, un menu à rallonge, et un visiteur qui repart sans savoir s’il était au bon endroit.

Les contraintes du projet

Quatre biens seulement au lancement : une villa à Montferrier-sur-Lez, des maisons à Castelnau-le-Lez et à Grabels, un appartement à Jacou. Impossible de faire semblant d’avoir un catalogue. Il fallait montrer en grand le peu qu’il y avait, plutôt que le noyer dans une grille prévue pour cinquante annonces.

Deuxième contrainte, la zone. La conciergerie couvre Montpellier et sa couronne nord, pas le département entier. Annoncer « partout dans l’Hérault » aurait fait venir des demandes impossibles à servir. Les communes sont donc nommées une par une, Montferrier-sur-Lez, Saint-Clément-de-Rivière, Saint-Gély-du-Fesc, Castelnau-le-Lez, Le Crès, Jacou, et les principales ont leur propre page.

Troisième contrainte : pas de paiement en ligne, ni le budget ni le volume ne le justifiaient. La demande de réservation devait donc être assez rassurante pour en tenir lieu.

Ce qu’on a fait

On a séparé les deux parcours dès le premier écran, avec deux appels à l’action côte à côte : « Découvrir nos locations » et « Je suis propriétaire ». Chacun mène à un discours distinct, sans que le visiteur ait à trier lui-même.

Le reste de l’accueil sert le voyageur, parce que c’est le volume : les biens apparaissent sous l’accroche, photos en grand, avec la capacité, le nombre de chambres et le prix de départ. Le parcours propriétaire, lui, sort de l’accueil : il a ses propres pages conciergerie, une par commune couverte.

Le parcours voyageur

Chaque logement a sa fiche : galerie photo, équipements listés sans emphase (climatisation, terrasse, lave-linge, stationnement), sélecteur de dates, puis un formulaire court. Le prix à la nuit est affiché, les frais de ménage et la taxe de séjour aussi. Rien n’apparaît au dernier moment.

Faute de paiement en ligne, la suite est écrite noir sur blanc sous le formulaire : la disponibilité est confirmée sous 24 h. Dire ce qui va se passer vaut mieux que le laisser imaginer.

Le parcours propriétaire

Le propriétaire arrive avec une seule question en tête : combien ça peut rapporter. La page la lui pose donc directement, « Combien peut rapporter votre bien ? », avec un formulaire qui demande d’abord le bien (type, nombre de pièces, ville) et seulement ensuite les coordonnées. L’ordre n’est pas anodin : on commence par ce qui intéresse le visiteur.

Le taux de commission est affiché sur la page, pas réservé à un rendez-vous. Un propriétaire qui compare trois conciergeries écarte d’office celle qui cache son prix.

Ce qu’on a écarté

  • Le sélecteur de public en fenêtre surgissante, du type « voyageur ou propriétaire ? » avant d’entrer. C’est un péage : il faut choisir avant d’avoir rien vu, et Google n’indexe pas ce qui se cache derrière. Deux boutons dans la page font le même travail.
  • Le moteur de réservation avec paiement, écarté pour le budget et pour l’étape. Mieux vaut un formulaire honnête qui annonce une réponse sous 24 h qu’un tunnel de paiement à moitié fini.
  • Le carrousel d’avis clients, faute d’avis réels au lancement. On ne fabrique pas de preuve ; on laisse la place et on la remplira.
  • Le vocabulaire d’agence. Pas de « partenaire de confiance », pas de « solution clé en main ». Des noms de communes, des nombres de chambres, des prix.

Dans le détail

  • Photographie en pleine largeur dès l’ouverture : dans la location saisonnière, l’image porte l’essentiel de la décision. La mise en page est construite autour d’elle plutôt que de la reléguer en vignette.
  • Rédaction des deux parcours, avec un vocabulaire différent selon la cible : concret et sensoriel pour le voyageur, factuel et financier pour le propriétaire.
  • Quarante-six photos sur la seule fiche de la villa, et pourtant pas de page qui traîne : chaque image est redimensionnée aux dimensions réelles d’affichage, ses dimensions sont déclarées dans le code pour que la mise en page ne saute pas, et la galerie ne charge que ce qui entre à l’écran.
  • Lecture au pouce d’abord. Un voyageur cherche depuis son téléphone : la mise en page a été réglée sur mobile avant de l’être sur ordinateur.
  • Un texte alternatif écrit à la main sur chaque photo de bien, et un sélecteur de dates utilisable au clavier : c’est le point où ce genre de site décroche le plus souvent, parce qu’un calendrier se pilote presque toujours à la souris.
  • Une URL par intention de recherche : on ne cherche pas « location villa Montpellier » et « conciergerie Saint-Gély-du-Fesc » avec la même idée en tête. Les deux ont donc leur page, avec leur propre titre et leur propre texte, au lieu d’une liste de communes empilée en bas de l’accueil.

Ce qu’on en retient

Quand un site adresse deux publics, la tentation est de tout dire à tout le monde et de laisser le visiteur se débrouiller. Le bon réflexe est de trancher au premier écran : un visiteur qui comprend en deux secondes lequel des deux chemins est le sien ne se perd plus ensuite.

Deuxième chose apprise : ce site est plus gros que les quatre pages de l’offre de base, et c’est justement ce qui le rend utile ici. Ajouter des pages ne coûte rien tant que chacune répond à une question différente, une commune, un type de bien, un logement. Ce qui coûte cher, c’est d’empiler deux messages sur la même page en espérant que le visiteur fasse le tri.

Reste la seule chose qu’une page de réalisation ne peut pas inventer : ce que ça donne. Réservations et estimations passent toutes par un formulaire, elles sont donc comptables, et comme la marque est la mienne j’ai accès aux chiffres. Le site est trop récent pour qu’ils veuillent dire grand-chose, et un chiffre sans recul ne vaut pas mieux qu’un chiffre inventé.

En attendant, tout ce qui est décrit plus haut se vérifie en trois clics : les deux boutons du premier écran, les quatre biens avec leurs prix, et le formulaire d’estimation.

Voir le site en ligne

Questions fréquentes

Ce qu’on nous demande sur ce projet

Un site pour deux publics, ça tient en quatre pages ?

Celui-ci n’y tient pas, et c’est assumé : il compte une vingtaine d’adresses, une par logement, par commune et par type de recherche. Mais l’aiguillage, lui, tient en un écran. Ce qui coûte cher, ce n’est pas la page en plus, c’est le message en plus sur la même page.

Pourquoi afficher le prix des locations dès la liste ?

Parce que le voyageur le cherchera de toute façon. Un prix caché fait cliquer une fois, puis partir. Un prix affiché trie les demandes en amont.

Pourquoi une estimation plutôt qu’un simple formulaire de contact ?

Un formulaire de contact demande un effort sans rien promettre en retour. Une estimation, si. Le propriétaire le remplit parce qu’il attend une réponse chiffrée.

Ce découpage marche pour un autre métier ?

Dès qu’une activité s’adresse à deux publics, la question est la même : où placer l’aiguillage. Un restaurant qui fait aussi du traiteur, un garage qui vend et qui répare : même problème, même méthode.

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