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Iksee

Un standard téléphonique par intelligence artificielle, vendu à des artisans et à des TPE. Ce n’est pas une commande : c’est ma propre marque, que je conçois et que j’exploite. Le seul projet où l’agence et le client sont la même personne.

Projet
Iksee
Nature
Marque interne, pas une commande
Secteur
Standard téléphonique par IA
Public visé
Artisans et TPE, France
Année
2026
Prestation
Design, accroche, rédaction, intégration
En ligne
iksee.fr ↗
Page d’accueil du site Iksee, sur fond vert profond : le titre « Quand personne ne peut décrocher, c’est elle. » à gauche, et à droite le trajet d’un appel en cartes reliées, de la sonnerie jusqu’au SMS

La page d’accueil. À gauche la phrase, à droite le trajet complet d’un appel, de la sonnerie hors horaires jusqu’au SMS.

Un projet interne, et je le dis

Les autres pages de cette rubrique parlent de clients. Celle-ci parle de moi. Iksee est une marque que j’ai créée, que je fais tourner et dont je paie les factures. Personne à convaincre en réunion, personne sur qui reporter une mauvaise décision.

Je la mets quand même ici, parce que c’est le seul projet où vous voyez ce que je fais les mains libres. Les contraintes que j’impose aux sites à 699 € (pas de gadget, pas de vidéo d’accueil, un message compris en cinq secondes), je me les suis appliquées à moi-même en premier.

Le point de départ

Le produit est utile mais abstrait : une voix qui décroche à votre place, note le nom, l’adresse, le motif et le degré d’urgence, puis vous passe l’appel en direct si c’est grave, ou vous envoie une fiche par SMS sinon.

Le problème, c’est la cible. Un plombier n’a aucune envie qu’on lui parle d’« agent conversationnel ». Il veut savoir s’il perd encore des chantiers parce que son téléphone a sonné dans le vide pendant qu’il était sous un évier.

Deuxième difficulté : c’est un service qu’il faut entendre pour y croire. Tout le monde a déjà eu au bout du fil un serveur vocal qui répète « je n’ai pas compris ». Promettre le contraire ne suffit pas.

Ce que j’ai écarté, et pourquoi

  • La page produit classique, captures d’écran et bandeau de logos clients. Au lancement il n’y a pas de logos, et un tableau de bord ne dit rien à qui achète du temps, pas un logiciel.
  • Le mot « IA » dans le titre. Il attire les curieux et fait fuir les acheteurs : chez un artisan, il déclenche la crainte du robot qui répond mal à ses clients.
  • Le formulaire de démonstration en haut de page. La première version en avait un, collé à l’accroche : il réclamait un numéro avant d’avoir rien prouvé. Il a laissé la place au parcours d’appel et à un numéro de test affiché en clair : c’est le visiteur qui appelle, quand il veut.
  • La bulle de discussion. Vendre un service qui décroche au téléphone en poussant les gens à écrire, ça n’avait aucun sens.

La décision principale : montrer un appel, pas un produit

La moitié droite de la page d’accueil ne montre aucun écran de logiciel, mais un appel qui se déroule, en cartes reliées par des flèches, avec l’heure et la durée à chaque étape : un client appelle à 19 h 12, hors horaires ; elle décroche en deux sonneries ; elle qualifie en quarante secondes, nom, adresse, motif, degré d’urgence.

Puis le trait se sépare en deux, et tout se joue là. D’un côté : urgent, votre mobile sonne, l’appel vous est passé en direct. De l’autre : sinon, un SMS avec la fiche complète, et vous rappelez au calme. Cette bifurcation répond d’avance à la seule vraie objection du métier : « et si c’est une vraie urgence ? »

Le titre, et le mot qu’il ne contient pas

« Quand personne ne peut décrocher, c’est elle. » Le pronom fait tout le travail : il nomme la chose sans nommer la technologie, il évite « solution » et « plateforme », et il installe un personnage dont le reste de la page peut parler.

La fin de la phrase est composée en serif italique, souligné d’un trait tracé à la main : le seul effet typographique de la page, et il tombe sur les deux mots qui portent la promesse.

Dessous, une phrase donne les quatre moments où le téléphone sonne dans le vide : le déjeuner, après 18 h, le week-end, les congés. Les mots techniques attendent la FAQ.

Le vert, contre le réflexe bleu-violet

Presque tout ce qui touche à l’intelligence artificielle se ressemble : dégradé bleu-violet, halo lumineux, sans-serif géométrique. Un artisan qui compare trois sites en dix minutes ne les distingue plus.

J’ai pris l’inverse : un vert profond, presque un vert de peinture, un texte crème, des titres en serif. Le fond sombre détache les cartes du parcours d’appel sans ombres ni bordures colorées, et le crème sur ce vert reste lisible en plein soleil.

Écouter, plutôt que promettre

Une section entière est consacrée à l’écoute : « Écoutez-la travailler », sous-titrée « Ne nous croyez pas sur parole. Écoutez. » Trois appels : une fuite urgente, un devis de chauffe-eau, un client mécontent. Aucun ne dépasse trois quarts de minute.

De l’audio court, pas une vidéo de trois minutes : vingt secondes s’écoutent dans le temps de lire un paragraphe, et le son porte ce que la page ne peut pas écrire, le ton de la voix.

L’en-tête va plus loin : un numéro de démonstration y est affiché en clair, à côté du bouton d’essai. Qui doute peut le composer et juger seul. C’est la preuve la plus coûteuse à produire, et la seule que personne ne peut truquer.

Le prix affiché, la même règle qu’ici

La page de tarifs désigne franchement la bonne : « Trois offres. Celle du milieu couvre presque tout le monde. » Les deux premières affichent leur prix mensuel, le nombre d’appels compris dedans et le tarif à l’appel une fois le forfait dépassé, tout sur la même ligne, pas en note de bas de page. La troisième est sur devis, et le dit.

Trois mentions accompagnent le bouton d’essai dès le premier écran : essai gratuit de 14 jours, sans carte bancaire, sans engagement. Ce sont les questions qu’on se pose avant de cliquer, pas après. Même règle qu’ici avec les 699 €.

Ce qui se vérifie, et ce qui reste à mesurer

Le site est en ligne : tout ce qui précède se contrôle en deux minutes. Le titre ne contient pas le mot « IA ». Le parcours d’appel est du texte, lisible par un lecteur d’écran comme par Google, pas une image. Ni carrousel, ni fenêtre de discussion. La navigation tient en cinq entrées.

Vous pouvez aussi lancer le test PageSpeed de Google sur iksee.fr, comme sur la page que vous lisez, et comparer les deux vous-même.

Ce que je ne peux pas encore écrire, c’est l’effet commercial. Le site est récent et je n’ai pas le recul qu’il faudrait pour avancer quoi que ce soit là-dessus. Je préfère laisser la case vide que la remplir avec un chiffre arrangeant.

Ce que j’en retiens

Quand un produit est technique et que le client ne l’est pas, l’accroche ne doit pas décrire le produit mais la situation du client. « Quand personne ne peut décrocher » parle à quelqu’un qui a vécu la scène. « Agent vocal conversationnel » ne parle qu’à ceux qui vendent la même chose.

Deuxième leçon, valable pour un plombier comme pour un logiciel : tant qu’on n’a pas de témoignages, il faut donner à vérifier. Un extrait sonore, un numéro qu’on peut composer, une photo de chantier. Moins flatteur qu’une citation encadrée, et plus solide.

Troisième chose, la moins coûteuse des trois : choisir le vert quand tout le secteur est bleu. Ça ne demande aucun travail supplémentaire, et c’est pourtant ce qu’on remarque en premier quand on ouvre deux onglets côte à côte.

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